UN HOMME DE L’OMBRE ET POURTANT…

Tout spécialement au début du confinement, le monde soignant a été mis en exergue. Tous les soirs, à 20h00, des applaudissements à son égard étaient de mise un peu partout à travers la planète. Chez nous, un drapeau blanc flotta même au-dessus du palais royal… Bref de grands moments d’émotion envers des personnes qui le méritaient, et le méritent encore, plus que largement.

TOUTEFOIS, ET JE NE PRENDS POUR EXEMPLE que notre petit pays, il existe d’autres inconnu(e)s, d’autres bénévoles, mais qu’on passe sous silence. Des gens qui depuis des années font don de leur personne. Cela afin de venir en aide à des démunis, des voisins ou même à des malades en tout genre. Ainsi en est-il de Bernard Marot, un journaliste sportif retraité qui a mis gratuitement son savoir au service des autres. Son but: s’attaquer à un fléau très particulier, l’analphabétisme.

“SAVEZ-VOUS”, DIT-IL, “QUE DANS LE MONDE D’AUJOURD’HUI, une personne sur dix ne sait pas lire ni écrire ! Une souffrance incroyable. Une angoisse de tout moment.” Du coup, il y a quatre ans, notre homme a décidé de se mettre à la disposition d’une ASBL intitulée ‘Lire et Écrire’. Un organisme désireux de venir en aide à toutes ces personnes qui ne savent ni lire, ni écrire. “Et qu’importe leur origine ou leur couleur de peau”, explique cet homme qui se dit multiculturel et non raciste.

UNE FABULEUSE EXPÉRIENCE QUI LUI A PERMIS de sortir un ouvrage où il nous parle, photos à l’appui, d’une vieille dame de 83 ans qui n’a jamais dit à ses petits-enfants qu’elle allait toujours à l’école. Mais avant de vous parler de ce livre, sachez que son auteur est dévoré par trois grandes passions. Celle de l’écriture bien sûr. Celle de la photographie, autre art où il excelle. Enfin, et surtout, par cet élan d’altruisme qui le caractérise à jamais. Même lors de cette grave maladie qu’il vient de traverser, mais dont il commence à prendre le dessus.

MAIS REVENONS À CE ‘BEAU LIVRE’, véritable petit moment de grand bonheur. Là, au travers de 140 pages, il nous parle d’Élisa -nom d’emprunt- qui, il y a 20 ans de cela, était venue à l’ASBL sans rien dire à ses proches. Une démarche afin de pouvoir enfin tenter de lire et écrire. Or, suite à un grave accident, elle avait dû mettre un terme à son écolage.
Toutefois, il y a peu, même à 83 ans, elle décida de revenir sur les bancs de l’école, avec cette fois, pour professeur, un certain Bernard Marot. Et notre homme de profiter du confinement pour y aller de cet ouvrage réaliste, plein d’espoir et d’humanité, où il nous conte par le menu, les avancées de son travail avec Élisa.

À SIGNALER QU’EN PARALLÈLE, et toujours chez cet éditeur luxembourgeois, Bernard Marot propose deux recueils de poésies (T1 et T2): ’J’ai attrapé le virus… de la poésie. Est-ce grave docteur?’ À lire sereinement, mais surtout à méditer longuement.  ♣

‘Je n’ai rien dit à mes petits-enfants’,
Bernard Marot chez Lardographic Luxembourg

Charly